La première mention d'une école à Riddes date de 1786. L'instruction était sous la responsabilité religieuse. C'est donc le curé de la paroisse qui nommait les régents de Riddes et d'Isérables. Les programmes étaient essentiellement axés sur la religion et consistaient dans l'apprentissage du par coeur ainsi qu'à la lecture de passage de la bible.
Vers 1801, l'année scolaire commençait à la Sainte-Catherine et se terminait à Pâques. En effet les jeunes garçons étaient très vite appelés à aider leurs parents pour les travaux des campagnes. L'absentéisme était donc très fort, ce qui explique les mauvais résultats des jeunes valaisans lors des tests pédagogiques soumis aux recrues.
Une enquête réalisée en 1826 par le Département de l'instruction publique auprès des communes valaisannes nous apprend par exemple que les élèves riddans devaient apporter une bûche de bois pour son chauffage et un pain pesant 3 à 4 livres pour la campagne.
Les rapports des inspecteurs cantonaux concernant les écoliers riddans furent relativement favorables jusqu'au tournant du siècle où les Riddans devaient faire face à un manque de place qui entraîna un refus d'admission pour plusieurs élèves. La conséquence est un résultat catastrophique aux examens d'émancipation puisque 11 écoliers sur 18 ratèrent leurs examens en 1901 et que cette proportion monta à 9 sur 11 en 1902.
A propos de l'organisation scolaire, Riddes connut un litige avec Isérables qui va perdurer des années 1920 aux années 1930. Les enfants qui habitaient le hameau d'Auddes fréquentaient pour des raisons pratiques l'école d'Isérables. Le conflit concernait le droit d'écolage de ces enfants que Riddes jugeait trop onéreux. En 1922, un arrangement fut trouvé mais l'affaire ressurgit en 1926 pour finalement se régler dans les années 30.
Concernant les bâtiments scolaires, leur localisation était inconnue jusqu'au milieu du XIXe siècle. Depuis 1846, des locaux de la maison communale, notamment l'actuelle Salle du Conseil, furent utilisés comme salle de classe. Dès 1925, le pensionnat St-Joseph accueillit une classe enfantine pour les enfants de 4 à 6 ans qui ne pouvaient fréquenter l'école à cause du manque de place.
Le 8 mars 1952, l'Assemblée primaire accepta à l'unanimité le projet d'étude pour la construction d'une maison scolaire. L'emplacement retenu fut celui de la Vouagère, mieux centré en lieu et place d'une deuxième solution sise près de la cure. Le mandat fut confié aux architectes André Pelfini et Jules Delaloye. Les travaux furent achevés en été 1956 et la rentrée suivante vit les premiers élèves fréquenter le nouveau bâtiment qui fut inauguré officiellement en automne 1957.
Pour mettre un terme à ce chapitre concernant l'école voici, en vrac, quelques documents tirés d'archives :
22 mars 1903 - "Pour faciliter l'exécution de la police urbaine et par mesure d'ordre, l'Administration communale invite à punir d'amende tous les enfants qui seront surpris à courir dans les rues après l'angélus du soir n'étant pas accompagnés de leurs parents."
18 mars 1917 - "Il est également interdit à tout jeune homme de fumer n'ayant pas atteint l'âge de 18 ans révolu."
17 mars 1918 - "Les élèves des écoles primaires aussi bien les filles que les garçons doivent être rentrés chez eux à l'angélus du soir."
28 janvier 1925 - "Les enfants fréquentant l'école doivent être rentrés chez eux vers 7 heures du soir."
9 avril 1937 - "En dérogation de l'article 41 du règlement de police : les enfants des écoles faisant partie de la section des pupilles sont autorisés à suivre le cours de gymnastique le jeudi jusqu'à 20 heures."